Après Livestream, Vimeo et le Nasdaq, il repart de zéro à 42ans
10 septembre 2026 · Durée 1:32:49
Invité : Mark Kornflit
Les points clés
Après son départ de Vimeo en mars 2023, Marc Kornfield décide à 42 ans de créer une nouvelle entreprise plutôt que de laisser la peur des difficultés guider son choix. Après quelque 17 années absorbées par son travail, il veut cette fois préserver sa présence auprès de sa famille.
Avec Commodity et sa déclinaison Encilio, il veut digitaliser le négoce du papier, une industrie qu’il estime à 350 milliards de dollars et où les échanges reposent encore largement sur le téléphone, WhatsApp et Excel. Il combine son expérience technologique avec sa connaissance d’un secteur dans lequel sa famille travaille depuis plus de 100 ans.
La marketplace Encilio réunit 150 sociétés de 36 pays et atteint un premier million de dollars de transactions en six mois, mais son utilisation reste trop irrégulière. L’équipe pivote vers une plateforme de vente en marque blanche pour les producteurs, qui facilite désormais plus de 1,5 million de dollars de transactions par semaine sans leur imposer de changer de stratégie commerciale.
Lors d’une crise de trésorerie chez Livestream vers 2010, 49 employés sur environ 50 acceptent une baisse de salaire de 30 % compensée par des parts de l’entreprise, tandis que les fondateurs réduisent leur rémunération de moitié. Cette mobilisation prolonge la visibilité financière et permet de lever des fonds pour poursuivre l’activité.
La vente de Livestream à Vimeo en 2017 intervient alors que l’entreprise compte 180 employés et réalise 40 millions de revenus, mais constitue pour Marc la période la plus éprouvante de sa carrière. Devenu ensuite président de Vimeo, il retient davantage la croissance et la création de nouvelles activités que l’entrée au Nasdaq en 2021, synonyme de davantage de conformité et de coordination.
Pour Marc, la confiance en soi complète indispensablement les compétences : un entrepreneur doit convaincre clients, salariés et investisseurs d’un futur qui n’existe pas encore. Le défi consiste à persévérer tout en remettant régulièrement ses hypothèses en question, sans confondre conviction et entêtement.
L’IA abaisse fortement les barrières à la création de produits technologiques, y compris pour les non-ingénieurs, mais ne remplace pas une stratégie commerciale. Son conseil : savoir comment trouver ses 10, 100 puis 1 000 premiers clients avant de se lancer dans le développement.
Résumé et transcription générés automatiquement par IA.
Notes de l'épisode
Mark Kornfilt a cofondé Livestream avant de vendre l’entreprise à Vimeo, d’en devenir président et de participer à son introduction au Nasdaq. Aujourd’hui, il repart de zéro avec une nouvelle aventure entrepreneuriale. Dans cet épisode, il revient sur son parcours, les hauts et les bas de Livestream, la vente à Vimeo,…
Je me suis réveillé un matin au mois d'août 2023. C'est un des moments où tu comprends pas très bien comment tu es arrivé à la conclusion, mais tu es arrivé à la conclusion qu'en fait je le faisais pas, je remontais pas une boîte parce que ça me faisait peur. Et puis à la fin de la partie, il me dit mets-toi devant euh devant l'ordinateur, donne-moi 2 minutes. Et puis je me mets devant l'ordinateur, lui il va dans sa chambre à coucher et puis euh 2 minutes plus tard, il était en direct devant moi dans le navigateur et j'avais jamais vu ça quoi. J'étais consommé par par mon boulot. J'ai adoré, c'était génial, j'étais ultra épanoui, ultra heureux, mais j'ai fait des sacrifices énormes du côté euh du côté personnel. La la compétence seule est pas suffisante. Tu le vois chez tous les gens qui performent à haut niveau. La réalité, c'est que la confiance en en soi joue un un rôle énorme dans ta capacité de d'être bon dans quelque chose. Max, saison 3 de La Savane en collaboration avec Mirabaud. On est extrêmement contents de commencer ce ce partenariat avec eux euh pour plusieurs raisons qu'on va un peu voir maintenant, mais une d'entre elles était cet accès à des entrepreneurs incroyables euh parce qu'ils nous ouvrent un réseau vraiment de de de personnes et on est on est vraiment impatient et excité de commencer ce partenariat. Ouais, on voit avec Mirabaud qu'ils ont vraiment ce qu'on appelle du skin in the game, mais c'est quelque chose qu'on qu'on admire. On le voit via deux choses qui sont inspirantes. La la première, c'est que leur partenaire investissent leur propre argent dans les mêmes opportunités d'investissement qu'ils proposent à leurs clients et ça c'est assez rare. Et on voit aussi qu'ils soutiennent vraiment l'écosystème entrepreneurial et start-up suisse via leur stratégie d'investissement. Et ils le font depuis un moment. C'est une boîte qui a 200 ans, ça fait 200 ans qu'ils soutiennent des générations d'entrepreneurs et et quand on a discuté avec eux, ce qu'on trouvait vraiment cool justement, c'est cette vision long terme qu'ils ont d'accompagner et de faire de développer le marché suisse et ce développement passe par soutenir l'écosystème, soutenir les fondateurs, soutenir les start-ups, la tech et cetera et ça c'est super excitant. Ouais, et on voit qu'ils sont vraiment impliqués au niveau personnel dans leur stratégie d'investissement et ils ouvrent vraiment cet accès à l'investissement dans les start-ups et la tech suisse qu'on a pas vu vraiment ailleurs, ce qui fait que cet engagement et et cette envie de vraiment soutenir cet écosystème là, c'est ce qui en fait un si bon partenaire pour nous. Il y a le soutien des entrepreneurs puis il y a aussi l'envie de de pousser la Suisse comme un leader sur le marché de l'innovation en Europe. Et ça justement si on parle de tech, c'est extrêmement important parce qu'on doit se repositionner là-dessus et il y a vraiment une place à prendre et la Suisse est bien placée pour l'avoir et et ils sont vraiment en train de pousser ça et c'est extrêmement intéressant pour nous en tout cas de travailler avec eux à ce niveau-là. Ouais. Donc merci beaucoup à Mirabaud pour leur soutien pour cette saison et merci aussi à vous qui nous écoutez. C'est grâce à vous qu'on peut continuer cette belle aventure avec cette saison 3. On a beaucoup de chance de s'asseoir avec des entrepreneurs incroyables qui nous partagent un peu leur vie et leur parcours. Si vous aimez autant que nous passer ces moments avec eux, n'hésitez pas à vous abonner ou à liker ces vidéos. À nous, ça nous aide énormément. Donc merci beaucoup pour votre soutien. Aujourd'hui, on a la chance de recevoir Marc Kornfield. Alors Marc, c'est un entrepreneur exceptionnel. Pour vous donner une idée de son parcours, il a commencé sa carrière à New York chez LimeWire. Donc pour ceux qui sont de ma génération, vous connaissez probablement LimeWire. Ça c'est assez exceptionnel. Il va nous raconter un peu la culture de la boîte. Ensuite, il a créé Livestream. Donc Livestream, c'était à l'époque le premier outil qui permettait de faire des vidéos en live. Faut imaginer que maintenant ça nous paraît normal, on fait du FaceTime, on met des vidéos sur YouTube, mais au début, c'est une technologie qui n'existait absolument pas et c'est eux qui l'ont créé. Donc ça c'est vraiment un truc assez exceptionnel. Et puis ensuite, il a vendu Livestream à Vimeo que vous connaissez tous et il est devenu le président de Vimeo. Il a même introduit la la société au Nasdaq il y a quelques années. Voilà, un parcours d'entrepreneur passionnant, il va nous raconter tout ça. Et puis bien évidemment, un entrepreneur qui ne s'arrête pas parce qu'il vient de lancer un nouveau projet qui s'appelle Encilio qui cherche à digitaliser la vente et l'achat de de tout ce qui est commodité papier. Donc voilà, une nouvelle aventure pour Marc qui nous raconte un petit peu plus en détail. J'espère que cette conversation va vous plaire autant qu'à nous. Bienvenue dans La Savane. Marc, bienvenue. Merci. Plaisir de t'avoir. Merci de me recevoir. On va essayer de je vais faire une petite intro. Tu as créé Livestream, on va bien évidemment revenir dessus après, qui a été vendu à Vimeo. Tu as été président de Vimeo de 2021 à 2023. Vous êtes passé de 100 millions à 400 millions à ce moment-là. Tu as introduit ou du moins aidé à introduire la boîte au Nasdaq. Belle aventure, on va revenir sur tout ça. Et puis là maintenant, tu décides de repartir à zéro. Tu es pas un peu un peu fou. J'adore. J'adore. Ça me rend tellement heureux. La création ben évidemment c'est c'est difficile hein, c'est c'est clair. Mais mais pour moi c'était presque une évidence. Tu t'es pas posé la question, c'était pas tu sais il y a toujours nous on donne toujours cette phrase de de du founder de Nvidia. Il y a cette interview où on lui dit ah mais si tu devais refaire est-ce que tu jamais je referai ça, il faut être barge pour le faire deux fois, tu vois. Non si je me suis posé la question. La réalité, c'est que je suis sorti de Vimeo à la fin mars 2023. Et j'étais déjà à Genève, j'ai pris quelques mois et je me suis demandé qu'est-ce que je vais faire, qu'est-se que je vais bien pouvoir faire de ma vie. Et c'est vrai que j'avais des idées de boîte dont celle que j'ai fini par monter. Donc j'avais cette option entrepreneuriale mais j'arrivais pas vraiment à me mettre dedans. Et tu vois, je considérais d'autres modèles, je considérais de faire de l'investissement, je considérais de monter plus un modèle d'incubateur. Et puis je me suis réveillé un matin au mois d'août 2023 et je me suis c'est un des moments où tu comprends pas très bien comment tu es arrivé à la conclusion, mais tu es arrivé à la conclusion qu'en fait je le faisais pas, je remontais pas une boîte parce que ça me faisait peur. Et je me suis dit j'ai 42 ans à l'époque, j'ai plein d'énergie, j'ai plein d'idées, j'adore faire ça et tu peux pas guider ta vie par la peur à 42 ans. Donc c'est là où je me suis je me suis décidé de me lancer. Tu avais peur de quoi? Tu avais peur de Ouais, j'avais peur de la difficulté, c'est dur, c'est dur. Tu sais j'ai fait maintenant c'est le 4e business que je monte. Tu sais même si l'être humain est incroyable pour oublier les difficultés, non, on sait ça. Ça va, c'était pas si difficile. Ouais non, tu tu tu en effet de de cette manière pour oublier les les moments plus difficiles. Malgré ça, tu sais, tu sais que ça va être difficile, tu sais que tu vas te prendre beaucoup beaucoup de de rejet, de refus, de pêche dans la gueule. Et donc évidemment ça ça fait peur. Pour moi, j'avais une considération aussi additionnelle, c'était que je sortais d'une période de 17 ans donc entre Livestream, le moment où on a monté Livestream et le moment où on a vendu Livestream à Vimeo, c'était 10 ans et le moment où j'ai rejoint Vimeo et le moment où j'ai quitté Vimeo, c'était encore 6 ans. Plus ou moins ouais, 16 17 ans. Et c'était une période où j'étais entièrement absorbé, obsédé par mon travail. J'étais consommé par par mon boulot. J'ai adoré, c'était génial, j'étais ultra épanoui, ultra heureux, mais j'ai fait des sacrifices énormes du côté du côté personnel. Et donc donc si tu veux, j'avais aussi cette considération là de me dire je veux pouvoir me passionner et m'obséder par mon travail mais je vais le faire d'une manière où j'arrive à être un bon père, j'arrive à être un bon mari, j'arrive à être tu vois présent physiquement mais surtout mentalement, j'arrive à être présent. Et et ça, ça me faisait très peur. Ça, c'était peut-être ce qui me faisait le plus peur. Et et de nouveau, j'ai décidé que j'allais pouvoir le faire. Donc je sais pas si je si je réussis mais en tout cas, j'ai décidé à ce moment-là que j'allais pouvoir le faire. Et et c'est cette réflexion là qui t'a amené vers Encilio parce que tu disais que tu avais beaucoup d'idées et là tu vas pouvoir nous expliquer ce que c'est Encilio mais ça a l'air d'être très à l'opposé ou en tout cas très différent de ce que tu faisais avant. Est-ce que c'est justement maintenant ces nouvelles conditions dans lesquelles tu voulais monter cette nouvelle boîte qui t'ont aussi amené vers cette idée-là ou est-ce que c'était l'idée qui te passionnait et tu t'es dit il faut que j'aille là-dedans. Non, partiellement parce que en fait c'est un projet que j'avais commencé à explorer quand j'étais encore à New York. Et en fait, il y a une certaine évidence dans ce projet que je vais expliquer. Donc qu'est-ce que c'est Encilio? La boîte s'appelle Commodity. On a décidé de digitaliser le négoce, le commerce de matières premières et de produits de base. Donc aujourd'hui, on commence avec l'industrie du papier. Encilio, c'est la déclinaison de cette idée pour l'industrie du papier. L'industrie du papier qui est une industrie de 350 milliards de dollars. Donc c'est une grosse industrie, ça inclut du papier toilette jusqu'à la boîte Galaxus que tu reçois chez toi. Tiens aujourd'hui qui paraît être un truc normal quoi. Enfin on a du papier vraiment partout. Partout. Mais donc c'est une très grosse industrie. Et et donc évidemment les industries des matières premières et des produits de base sont toutes des très grosses industries. L'acier, c'est 4 trillions. Et c'est des industries qui sont encore très traditionnelles dans la manière de faire du commerce. Il y a énormément de coups de fil, d'intermédiaire, de messages WhatsApp très difficile pour un acheteur de trouver le bon produit au bon moment, très difficile pour un vendeur
parce que ma famille est dans l'industrie du papier depuis plus de 100 ans. Mon père est trader de papier depuis 55 ans donc je suis né, j'étais immergé dans cette industrie depuis euh depuis ma naissance. Et moi, je suis sur son conseil d'administration depuis euh on va dire une vingtaine d'années. Et euh et donc petit à petit euh j'avais ma carrière dans la tech qui évoluait avec toute la sophistication de de l'achat et de la vente dans les industries de de tech. Et je voyais en parallèle ce qui se faisait dans dans ces industries plus traditionnelles et je me suis dit c'est pas possible, il faut que il faut que qu'on puisse euh améliorer ça, qu'on puisse évoluer cette façon de faire avec la technologie. Tu tu vous parlez sur le site justement de Ensilio de de pas vouloir disrupter le on utilise ce terme maintenant un peu pour tout euh pour changer des industries et cetera. Comme tu dis, tu viens du du monde on va dire de la tech qui va vite, tu passes vers un vers un monde centenaire qui va peut-être lentement, qui est un peu plus traditionnel, que tu veux changer. Comment t'abordes ça parce que tu peux pas tout faire changer du jour au lendemain, ça fonctionne. On dit souvent bah ça fonctionne, on va pas on va pas Comment tu arrives maintenant et c'est quoi votre votre vision par rapport à ça de dire bah on veut le changer mais sans complètement le le le casser quoi d'une certaine manière ou est-ce qu'il t'es obligé de le casser pour le reconstruire. Vous en êtes où aujourd'hui dans votre réflexion par rapport à ça. Non, tu es pas obligé de le casser pour le reconstruire, je crois vraiment que c'est une évolution. Pour répondre à ta question de manière simple, comment tu le fais avec conviction. Tu dois y croire et tu dois vraiment aller casser un mur après l'autre, un mur après l'autre. Et c'est pas si différent, tu vas même dans ce qu'on faisait live stream euh donc euh la boîte qu'on qu'on a monté à New York, c'était une des premières boîtes qui permettait à n'importe qui de faire une émission en direct, une vidéo en direct euh sur internet. Donc euh on avait un outil où tu pouvais aller en quelques clics commencer une retransmission en direct. C'est pas évident aujourd'hui mais mais ça l'était pas en 2007, on était un des premiers. Et quand on a commencé avec ça euh et bien il a fallu aller convaincre tu vois les investisseurs, les premiers employés, nos premiers clients que il y avait un futur qui existait où euh la population au sens plus général du terme irait aller faire des retransmissions en direct sur internet de leurs événements de ça peut être j'en sais rien moi un podcast comme aujourd'hui, ça peut être le World Economic Forum ou l'Agence spatiale européenne. Mais si tu veux, c'était une idée qu'on avait dans la tête, c'était pas la réalité et il y avait un chemin pour arriver là. Nous, on avait cette histoire euh qu'on a créé, une vision, une narrative qu'on essayait de de présenter aux gens et euh et il fallait avoir énormément de conviction et et et convaincre. Et et c'est c'est pas très loin de ce que je dois faire aujourd'hui et ce qu'on doit faire aujourd'hui avec avec Ensilio. On présente si tu veux un futur où notre notre technologie euh permet vraiment de gagner en efficacité euh qui permet de finalement de d'améliorer le business et de l'acheteur et du vendeur. Et il faut pouvoir montrer comment est-ce que ça va fonctionner pour pour convaincre les gens. Et justement, c'est quoi ces améliorations parce que tu parles de d'un marché inefficace. Si je suis acheteur ou si je suis vendeur, qu'est-ce que Ensilio m'apporte que j'ai pas dans le côté plus traditionnel. Alors nous, on a notre premier produit qu'on a créé permet de connecter directement les acheteurs et les producteurs, les fournisseurs. Donc qu'est-ce que ça veut dire, on a une plateforme en ligne où un acheteur peut aller et en quelques clics peut atteindre tous les fournisseurs relevant pour le produit qu'il cherche et recevoir des offres. Pareil pour un fournisseur, pour un producteur, peut aller lister son catalogue de produits et en quelques clics toucher des centaines et des centaines d'acheteurs. Donc c'est vraiment une mise en connexion, c'est pas très loin des autres marketplace que que vous pouvez utiliser au jour le jour. C'est vrai que c'est intéressant, tu dis ça enfin j'ai l'impression, enfin je me dis pourquoi ça existe pas déjà. On a l'impression que c'est le type de marketplace qui existe déjà pour d'autres commodités ou en tout cas il y a plein de plateformes de trading où tu peux trader plein de choses. Comment ça se fait que dans le papier c'est pas encore le cas. C'est c'est pas encore le cas dans la plupart des des produits industriels, des matières premières, des produits de base. Pourquoi parce que alors il y a le côté traditionnel de ces industries avec des fois des structures d'incentive qui vraiment résistent au qui sont faites pour résister au changement et au progrès. Donc il y a toute une une une évolution je pense du mindset. Il y a aussi une réalité, c'est que ces produits sont des produits qui tu vois c'est pas des transactions de 100 200 dollars, c'est des transactions qui sont de 50000 100000 200000 dollars, des millions de dollars des fois. Et donc tu dois c'est pas le même principe que d'aller acheter tes piles sur Amazon, tu vois. Donc donc c'est d'une certaine dans une certaine mesure, c'est une évidence parce que la connectivité, c'est quelque chose que le digital peut donner et ça donne un scale que tu peux jamais avoir en faisant les choses de manière plus manuelle. Mais après ça reste des produits qui sont complexes à vendre, complexes à acheter. Donc il y a il faut créer vraiment le bon produit qui soit assez simple pour pouvoir amener toute cette population peut-être un peu réfractaire au changement des fois mais qui est quand même la complexité nécessaire pour pouvoir faciliter ces ces commandes. Dans un business modèle de marketplace, tu as toujours le problème de l'œuf et la poule, tu as la demande, l'offre. Est-ce que c'est peut-être une question naïve mais est-ce qu'aujourd'hui vous tu as le côté les fournisseurs on va dire, celui qui achète, celui qui vend. Est-ce que des fois c'est les mêmes personnes qui font les deux. Est-ce que tu dois en faire grandir un avant l'autre, sur lequel vous vous concentrez, lequel en premier. Vous en êtes où aujourd'hui dans cette dans cette réflexion. C'est une très bonne question. Écoute, on a eu une finalement on a une réception qui était beaucoup plus positive que ce que je pensais. On est très vite arrivé à couvrir une masse critique de producteur de fournisseur donc et d'acheteur. On avait en dans les dans les six premiers mois, on a on avait 150 sociétés de 36 pays sur la plateforme et on a fait notre premier million de dollars de transactions. Ceci dit, on s'est aussi rendu compte que ça allait prendre beaucoup de temps parce que l'industrie, il se trouve que l'industrie du papier passait par une période très difficile où les gens étaient réfractaires à la prise de risque. Et et donc donc il y avait de l'offre, il y avait de la demande mais il y en avait pas assez pour stimuler une utilisation en continu. Comme tu l'as dit, il faut qu'il y ait les deux tout le temps pour que pour que tu puisses vraiment avoir des transactions. Donc assez vite après 6 mois, on a on a fait un pivot et on a créé une plateforme marque blanche qui permet à n'importe lequel de ces producteurs d'avoir leur propre plateforme de vente digitale. Donc c'est leur plateforme pour vendre à leurs clients où ils peuvent mettre en ligne leur catalogue de produits, leur inventaire et de manière très facile inviter leurs clients et commencer à prendre des commandes en ligne. Cette plateforme là aujourd'hui, elle facilite plus d'un million et demi de dollars de transactions par semaine. Donc on a réussi à scaler ce modèle là beaucoup mieux que le modèle de marketplace. Une analogie que tu pourrait prendre, c'est notre premier produit si tu te dis que c'est l'Amazon du papier. Ce nouveau produit, c'est plus un Shopify. Et là pourquoi c'est plus facile parce que ça demande pas de changement de stratégie commerciale aucun d'aucun des deux côtés. Et donc on permet vraiment on sert vraiment d'extension à la stratégie commerciale existante mais on permet de faire les choses de manière beaucoup plus efficiente. On leur permet de sauver plein de temps, de on leur permet de monter le prix de vente de leurs produits parce que ils ont une connexion beaucoup plus directe, beaucoup plus permanente avec leurs clients. Juste que je comprenne, ces personnes là aujourd'hui qui par exemple sont clients chez vous sur ce Shopify, sur ce white label, ils avaient quoi avant. Ils avaient une plateforme digitale qui était pas à jour, ils avaient un téléphone et un fax, ils avaient quoi avant. Un téléphone, des WhatsApp des feuilles Excel qu'ils envoient aux clients. Tout est fait aujourd'hui de manière très très manuelle. Avec live stream et puis aussi Vimeo, il y a le côté un peu sexy tech sexy on va dire. Là tu rentres dans ce qu'on pourrait appeler les unsexy business, tu vois c'est les trucs qui sont énormes que tout le monde utilise mais en fait tu te dis c'est comme vendre des pneus, des machins, c'est pas sexy mais ça existe. C'est quoi la différence entre dans la relation que tu as avec les gens, dans les premiers contacts que tu as avec les gens. Est-ce que c'est plus dur parce que justement c'est pas sexy et puis ça prend plus de temps.
C'est pas sexy mais en fait tu as des relations différentes. C'est quoi un peu le le tu vois de de de faire un business qui est considéré comme sexy et un autre qui est considéré comme pas sexy. Est-ce que tu vois la différence toi ou pour finir en fait tu le construis exactement de la même manière. Euh tu le construis pas de la même manière mais euh je pense pas que ça c'est c'est une grosse différence dans tes interactions euh avec les gens. Euh moi j'ai la chance aujourd'hui de de de monter cette boîte comme mon tu vois pas mon premier projet donc j'ai déjà un track record et donc je pense que c'est une considération un peu secondaire peut-être que ce soit sexy ou pas sexy. Il y a les gens auront tendance à me faire confiance plus facilement. J'arrive à ouvrir des portes plus facilement et ça c'est une énorme énorme chance énorme asset pour pour moi aujourd'hui dans le business. Je pense ça ça prend une place plus importante vraiment que que le côté sexy ou pas. Ouais. Le type de business. Et et avec Livestream tu avais quand même cette ce truc assez avant-gardiste quoi. Enfin de justement de tu tu dis aujourd'hui ça paraît évident parce que la vidéo est partout, le Livestream est existant mais on appelle ça d'ailleurs le Livestream mais c'était le nom de la de la boîte, c'est quand même assez incroyable quand tu y penses. Euh est-ce que là aussi dans ce marché-là tu as l'impression d'être aussi sur quelque chose de d'hyper innovant et qui qui change radicalement ce marché-là et qui dans 5 10 ans en fait ce sera le ce sera la normalité de de ça. Ah moi j'ai la conviction ouais bien sûr. 100 %. C'est-à-dire que pour moi c'est c'est pas possible que dans 10 ans 15 ans 20 ans euh l'industrie du papier et les industries de matières premières et de et de et de produits de base fonctionnent comme ils fonctionnent aujourd'hui. Donc peut-être ce sera moi, peut-être ce sera quelqu'un d'autre mais cette évolution elle va se passer 100 % sûr. Comment tu vois ces ces opportunités? C'est quand même assez incroyable. Tu en vois tu en vois deux en l'occurrence là Livestream et et ça qui sont très avant-gardistes sur un marché comme ça. C'est difficile de lancer ce type de produits sur ce type de marché. Dans les deux cas en tout cas Livestream ça a bien fonctionné. Là ça a l'air de bien prendre aussi et tu es dans un bon dans un bon euh on va dire dans un bon engrenage. Mais il faut déjà faut trouver l'idée et puis ensuite il faut la lancer et cetera. Comment tu c'est quoi ton processus de réflexion sur ce sur ces idées-là? Je suis dans un dans un bon euh dans une bonne période mais c'est pas gagné encore hein. Je le je le dis. Euh Bien sûr. Comment est-ce que écoute je je pense par habitude aujourd'hui euh je suis constamment en train de penser à euh comment est-ce que un problème peut être un problème que je vois peut être résolu avec la technologie. C'est vrai que je pense si je si je retrace ma carrière euh en 2005 je commence à à à LimeWire et je suis développeur peer-to-peer. On est cinq développeurs et euh dans une boîte qui fait je je me rappelle plus exactement des chiffres mais je crois plus d'un million de téléchargements par mois. Un million de personnes qui téléchargent une application tous les mois. Tous les jours tu as des centaines de milliers de personnes qui vont sur ce site qui appuient sur le bouton et euh euh et je me rends compte que il y a un espèce de super pouvoir que tu aies quand tu es tu es ingénieur que tu peux créer euh des applications qui permettent de résoudre un problème très concret dans la dans la vie des gens. Et je je m'oriente assez vite vers l'entrepreneuriat donc peut-être un an et demi après que j'ai j'ai j'ai rejoint LimeWire j'ai commencé à m'intéresser à plusieurs idées et j'ai fini par faire Livestream avec Max et mes et mes trois autres cofondateurs. Mais depuis ce début-là euh je me suis senti équipé d'outils pour résoudre des problèmes euh du jour le jour. Enfin tu vois des problèmes communs et dans plein de cas j'ai commencé des petits prototypes, j'ai fait des trucs tu vois j'ai essayé de résoudre des problèmes qui n'ont pas qui se sont pas matérialisés en boîte mais mais et donc ouais c'est c'est devenu une habitude presque. Et en 2023 quand j'ai j'ai pris la décision de de ce que j'allais faire après Vimeo j'avais déjà toutes ces idées auxquelles j'avais pensé pendant mes années à à Vimeo où j'étais j'étais plus entrepreneur, j'étais employé et où je me je savais à un moment un autre que j'allais j'allais remonter une boîte. Ça s'est fait de manière assez organique quoi. C'est pas comme si je me suis assis un jour et je me suis dit tiens tu as une semaine pour essayer de trouver des idées. Ça s'est fait et ça se fait encore aujourd'hui pour moi de manière assez continue et je dois dire qu'avec l'IA aujourd'hui j'imagine comme pour vous comme beaucoup de gens euh on a cette possibilité d'exprimer notre créativité comme on a jamais pu le faire. Donc donc même aujourd'hui si tu veux cette ce désir de de résoudre des problèmes, ce désir de créer et encore plus grand. Euh aujourd'hui j'ai j'ai j'ai j'ai 44 ans et mon désir de créer encore plus grand que qu'il a jamais été quoi. Tu dans la tech tu sais il y a souvent c'est c'est comment c'était Facebook à l'époque c'était go fast break things tu vois c'était genre on fait ça pète c'est pas grave on réessaie et cetera. Il y avait cette mentalité-là et j'imagine tu vois en plus avec tu parlais de LimeWire je pense que ça faisait aussi partie de cette cette époque-là et cette mentalité-là. Est-ce que quand tu construis une boîte dans un dans un un environnement ou une industrie qui est plus traditionnel tu peut te permettre de réfléchir comme ça ou tu construis totalement différemment parce que tu peut pas te permettre d'avoir un truc qui marche pas parce que sinon tu perds la confiance, tu Est-ce que tu peux avoir cette Est-ce que tu peux avoir cette mentalité-là ou pas du tout tu construis d'une manière totale différente ton produit et ton et ton service même derrière. Ouais je vois ce que tu veux dire. Ouais je pense c'est plus une distinction B2C B2B que spécifiquement euh l'industrie que j'ai que j'ai choisi moi. Euh c'est vrai que dans le B2C euh tu auras tendance à à peut-être expérimenter un peu plus. Tu as plus de possibilités de d'échec. Euh je vous raconte la petite anecdote quand on a lancé Livestream on est donc on a on a démarré la boîte en janvier 2007. Euh en en mai 2007 on avait notre première bêta qui était prête. Et mon cofondateur Max a eu l'idée brillante de dire OK l'iPhone est lancé en ça c'est en mai 2007 donc l'iPhone va être lancé, il va être lancé dans le premier Apple Store au monde qui est l'Apple Store de de New York à Soho. On va aller filmer ça et retransmettre ça au monde entier. Et donc on s'est mis dans la queue là-bas, lui il s'est mis dans la queue avec l'équipement vidéo pour retransmettre. Et euh euh donc le premier iPhone est sorti du magasin et en quelques minutes on avait des centaines de milliers de gens qui étaient en train d'essayer de visionner le contenu, d'essayer de voir le premier iPhone, de le voir concrètement. Évidemment on n'était pas prêt du tout. À l'époque c'était très compliqué de de pouvoir répondre à une demande comme ça et donc moi j'étais au bureau en train de redémarrer les serveurs toutes les deux secondes. Ça marchait pas du tout quoi. Ça a marché pendant quelques minutes au début, après ça marchait pas. Et et bon nos utilisateurs nous ont pardonné parce que comme c'est du B2C, comme tu t'adresses à une échelle qui est énorme, l'utilisateur de demain était pas pas le même utilisateur que que celui d'aujourd'hui. Euh tu as plus de de flexibilité dans ta réputation et cetera. Euh dans le B2B c'est plus difficile parce que tu as une concentration de d'utilisateurs, de clients qui est beaucoup plus importante et donc tu as une concentration de revenus qui est plus important donc tu peux moins expérimenter. Parlons peut-être un petit peu de tes origines parce que on a parlé de ta famille, tu as parlé de ton père et cetera. Donc tu es né en Turquie, tu as grandi en Suisse, tu fais le PFL, ensuite tu as construit des boîtes aux États-Unis. Comment tu définis toi aujourd'hui? Ouh c'est une grosse question ça. Ah on on pose pas des questions toujours faciles. Comment je me définis comme identité euh personnelle, professionnelle, culturelle dans dans dans quel sens. Voilà un peu un mélange de tout ça. Effectivement tu as cet héritage comme tu dis tu es né en Turquie, tu as cet héritage turc. Tu as quand même grandi en Suisse mais tu as passé une grosse partie de ta vie aux États-Unis. Est-ce qu'aujourd'hui tu te considères plus turc, suisse, américain, un mélange culturel de tout ça, entrepreneur. Qu'est-ce que comment tu te sens comment tu Si je dois dire Max qui es-tu? Je suis un mélange culturellement je suis un mélange de tout ça. Je suis très profondément européen. Ça je m'en suis rendu compte en habitant aux États-Unis. J'adore l'Europe, j'adore la culture, j'adore la nourriture, j'adore les langues, j'adore les paysages, j'adore vraiment l'Europe et et ça m'a beaucoup manqué. Donc et je dirais même méditerranéen pour être peut-être un peu plus précis. Donc je me définirais comme méditerranéen culturellement. Euh professionnellement je suis un mix. Je crois être aujourd'hui un peu plus américain qu'européen parce que
J'ai tellement de temps là-bas et et ma culture professionnelle est vraiment faite de ce que j'ai appris là-bas. Euh New York, les gens avec qui j'ai j'ai travaillé, euh les expériences que j'ai pu faire là-bas ont eu un impact énorme sur moi. Euh professionnellement et personnellement, mais professionnellement, un impact énorme sur ma façon de de de travailler, sur ma façon de voir les choses. Donc euh ouais, professionnellement, je me je me définirais plus proche de là-bas que que de l'Europe. Intéressant. Ça c'est ton ton ton identité culturelle, il y a ton identité d'entrepreneur. Elle a commencé euh à quel moment? L'âge de 13 ans, tu faisais des petites annonces, on a entendu dire. Euh Une histoire de une histoire de petites annonces quelque part. Ah, c'est marrant que je sais pas où vous avez vous avez lu ça, mais ouais, j'étais j'avais j'avais mis des annonces dans le dans le GHI pour pour aller réparer les ordinateurs des des gens chez eux. Ça marchait bien? J'allais en bus. C'était un bon business. Ouais, j'imagine. Non mais je veux bien te croire. Je faisais plein d'argent, j'avais 13 ans. J'allais réparer les ordinateurs, j'allais faire des installations de de je sais pas, de Microsoft Word et de Corel Draw avec les les 56 disques, tu vois, que que tu avais pour installer. Je sais pas si vous avez connu les disquettes. Pour installer. Si si, il fallait mettre les disquettes les unes après les autres. Je me rappelle les disquettes pour les jeux de certains jeux vidéo, ouais, sur ordi. Ouais. Euh ouais, donc mais ça et et ça revient un peu à la question professionnelle. Est-ce que je je sais pas si je me définis comme comme entrepreneur, comme ingénieur, euh comme commercial, ça dépend de la journée, quoi. Ouais. C'est ce qu'on disait avant, tu es un un mix entre J'ai j'ai plein de différents, ouais, j'ai plein de différentes casquettes et pour moi, c'est une richesse, si tu veux, parce que je je j'aime pouvoir mettre ces différentes casquettes. Euh euh Mais c'est clair que là de nouveau, le PFL et et mes études d'ingénieur ont eu un énorme un énorme impact sur ma façon de de de réfléchir et de travailler aussi. Tu tu te souviens de ce déclic? Donc tu as fait le PFL dans les années 2000. Le déclic d'aller, donc on disait à 13 ans, tu réparais des ordinateurs, tu faisais ces installations et ça. C'est quoi le déclic entre guillemets vers la tech? Qu'est-ce que tu te rappelles du moment où tu t'es tu as tu as senti ce ce ce lien avec cette je sais pas comment on peut appeler ça, cette cette industrie, la technologie de manière générale? Ouais. Ouais, je me rappelle très clairement et pourtant j'ai pas une super bonne mémoire de de de mon enfance, mais ce moment-là, je m'en rappelle très clairement. J'étais toujours intéressé dans les les ordinateurs. Mon père adorait les les gadgets, donc à 8 ans, on a reçu, il a acheté le premier ordinateur chez nous, je pense, je sais pas, un an plus tard, je le démontais entièrement. Source d'énormes conflits à la maison parce que j'arrivais pas à les remonter forcément exactement bien. Et puis je me souviens, je pense à l'âge de 11 12 ans, être en vacances chez mon cousin lointain, cousin de deuxième ou troisième niveau et et qui lui était à l'armée et qui était dans une unité d'informatique. Et il allume son ordinateur et il me montre il programmait en Visual Basic en plus à l'époque, il programmait et je vois le code écrit et il fait tourner le code et il y a un espèce de petit jeu qui qui qui se présente à l'écran et j'avais trouvé ça absolument magique. Magique. Et je suis rentré à la maison à Genève et puis je suis allé essayer de trouver des bouquins de programmation. J'ai essayé d'apprendre tout seul, c'était un désastre. Là tu avais quel âge, pardon? 14 ans je crois. 14 ans. Mais c'était pas très commun à l'époque. Enfin je veux dire des bouquins de programmation, c'était difficile à trouver. Enfin c'était pas des choses qui étaient Non, pas du tout. Pas du tout. Ouais ouais, pas du tout. qui étaient communes quoi. Ouais, pas du tout, il y avait pas il y avait pas vraiment internet de ressources faciles, tu vois. Ouais. Facile à trouver. Mais mais voilà, j'ai commencé un peu l'aventure comme ça et et donc j'ai j'ai ouais, je me suis passionné assez rapidement en fait et je suis resté passionné, je le suis encore aujourd'hui. C'est que aujourd'hui, le tout le domaine de l'informatique me fascine, absolument me fascine. On est rentré aujourd'hui dans une dans une phase avec l'IA qui je pense va transformer notre société, qui va transformer notre civilisation, vraiment. Et je j'ai jamais été aussi fasciné par par mon métier quoi. Et donc tu fais justement des études d'ingénierie informatique à l'EPFL, ce qui était pas évident à l'époque. On parle de justement des débuts des années 2000, c'était pas non plus quelque chose qui aujourd'hui ça paraît évident de faire des études là-dedans mais c'était peut-être un peu moins le cas. Comment après tu as fait le switch, tu as parlé de LimeWire à New York? Comment comment tu es passé de de l'EPFL à aller là-bas et puis à bosser à bosser chez LimeWire? J'étais ouais, j'étais un geek. Ce qu'on appelait un geek à l'époque. J'adorais les ordinateurs et c'est vrai que c'était pas du tout c'était pas c'était pas commun quoi. C'était pas c'était pas commun et c'était vraiment pas cool du tout. J'étais pas le cool quoi. Maintenant c'est un peu cool, avant c'était pas cool. J'étais tout en bas de l'échelle, vraiment. Et et comment j'ai décidé? Bah à la fin de mes études, je voulais je voulais vivre, on avait l'option de faire notre travail de diplôme, notre thèse de master, ça s'appelle aujourd'hui. On avait l'option de faire ça en entreprise et à l'étranger. Et j'avais absolument envie et j'avais lu Paul Graham, Hackers and Painters, qui parlait de l'entrepreneuriat. C'était vraiment le début de l'entrepreneuriat tech aux États-Unis et j'avais absolument envie de partir aux États-Unis. J'avais pas envie de partir à la Silicon Valley parce que pour moi c'était un peu le campus de l'EPFL en plus grand. Et et donc j'ai j'ai essayé de par tous les moyens d'arriver à New York et j'ai envoyé je sais pas une centaine de candidatures toutes toutes négatives. Finalement j'ai trouvé LimeWire, les seuls qui m'ont dit oui. C'est ouf, c'est quand même c'est quand même ouf ouais. En fait il y a eu un énorme malentendu, c'est que Il voulait engager un autre mec. Il y a eu un énorme malentendu, c'est que j'ai envoyé un email à LimeWire, ils m'ont dit OK, écoute, nous on est une application open source. Voilà les listes des projets à faire. Prends notre code source, fais un des projets sur la liste, ils sont organisés par taille et envoie-nous le code. Et il y avait, je me souviens, trois ou quatre dans la dans la dans la catégorie extra large, il y en avait dans la catégorie large et il y avait la catégorie medium small. J'ai pris celui qui était dans le tout en haut dans le extra large et j'avais les examens à l'EPFL qui commençaient la semaine d'après. Donc je savais que j'avais et c'était mon dernier, j'avais plus le temps de de trouver une autre entreprise. Donc c'était mon dernier essai pour essayer de partir à New York. Et j'ai bossé je crois, je sais plus, 26 heures de suite sur ce projet à écrire le code, je leur ai envoyé le code le lendemain de mon premier email et ils m'ont répondu positivement. Puis quand je suis arrivé là-bas, ils m'ont expliqué que, enfin ils m'ont dit ah c'est incroyable, tu as fait ce truc en quelques heures, on pensait que ça prendrait vraiment beaucoup de temps. Ils avaient aucune idée que j'avais passé en réalité 26 heures sur le projet, ils pensaient que j'avais passé deux trois heures sur le projet quoi. Donc énorme malentendu. Ouais, c'était facile. Énorme malentendu et je pense c'est ça me caractérise assez bien, c'est-à-dire que j'ai jamais été le plus le plus intelligent, le plus talentueux. Même à l'EPFL, tu vois, il y avait j'avais des il y avait des étudiants qui étaient avec moi dans ma volée qui étaient juste brillants, brillantissimes. Mais par contre, j'ai toujours travaillé beaucoup et je pense que tu vois, dans les deux, ça en dit long sur là où l'accent a le plus de là où tu dois mettre l'accent. Du coup, tu débarques à New York, tu bosses chez LimeWire. On parlait avant de cet aspect culturel. On parle souvent de ça dans ce podcast. Je sais pas si plus j'en parle avec les gens, plus j'ai l'impression que c'est faux ce qu'on dit. Mais moi j'avais toujours cette impression qu'en Suisse, tu apprends à être discret. Enfin, je dirais pas que c'est faux, mais on est plutôt voilà du côté discret. Les États-Unis, c'est un peu l'inverse, c'est que on va vite dire plus on a des grandes ambitions, on va changer le monde, on va disrupter un marché et cetera. Tu arrives en tant que Suisse là-bas, culturellement sur cet aspect-là, comment tu le vois toi à ce moment-là? Tu adhères à ça? Il faut penser beaucoup plus grand, il faut voir plus gros. Est-ce que tu restes dans ton mode dans ton mode plus humble Suisse? C'est quoi ce contraste qui arrive à ce moment-là? Mais au début, tu te fais marcher dessus et puis au bout d'un moment, tu as un choix quoi. Soit tu continues à te faire marcher dessus, soit tu commences à prendre un peu de de confiance. Et c'est particulièrement difficile quand c'est dans une langue étrangère parce que être vif, avoir de l'humour, pouvoir débattre dans une langue qui n'est pas la sienne, c'est c'est très compliqué. Je parlais déjà un petit peu anglais, enfin je parlais ce que je considérerais couramment anglais. J'avais jamais travaillé en anglais mais ben voilà, tu commences à bosser, tu rentres dans des débats, dans des débats, dans des tu vois dans des arguments et puis et puis invariablement, tu es un peu plus lent
euh euh écoute un peu moins confiance en toi, tu vas te faire marcher dessus à chaque fois, tu vas perdre. Tu vas perdre le le le débat même si tu as raison, tu vas perdre la discussion et euh et donc au bout d'un moment bah tu commences à t'habituer, tu commences à parler mieux la langue. Euh tu fais des décisions correctes, tu prends confiance en toi un petit peu et puis euh tu arrives à te mettre à niveau. En tout cas pour moi, ça s'est fait comme ça. Mais mais tu penses qu'en en en on va faire euh enfin général hein mais c'est tu penses qu'un entrepreneur en Suisse doit plus apprendre ça c'est on doit pas devenir des Américains dans la manière de faire mais est-ce que tu penses qu'on a des choses à apprendre sur la manière de se vendre, la manière de voir plus grand, la manière de ou pas forcément ? Pour sûr. Oui oui, absolument. Euh absolument parce que je pense que la confiance en soi c'est c'est vraiment un élément critique du succès. Euh la la la compétence euh seule est pas suffisante. Tu le vois chez tous les gens qui performent à haut niveau. Euh la réalité c'est que la confiance en soi joue un rôle énorme dans ta capacité de d'être bon dans quelque chose. Euh c'est pas qu'une question de de de de compétences, particulièrement dans l'entrepreneuriat parce que dans dans l'entrepreneuriat, je veux dire c'est une histoire de conviction. Tu es en train de vendre une histoire, un futur qui n'existe pas, qui est de base controversiel. Si c'était évident, ça aurait été déjà fait. Et tu dois le faire avec ton tu vas tout pouvoir de de de conviction et euh et euh et ta confiance en soi en en ta confiance en toi et euh et ouais c'est c'est c'est c'est critique pour l'entrepreneuriat. C'est absolument quelque chose que euh qu'on doit apprendre à faire mieux en Suisse. Et tu as l'impression que ça change un peu ou pas ? Toi qui es parti aux États-Unis, tu es revenu en Suisse, est-ce que tu as vu une espèce d'évolution ou tu as l'impression qu'on a toujours un petit train de retard ? Je pense que culturellement, on a euh beaucoup plus de discrétion, d'humilité, il y a plein de positifs là-dedans. Euh je pense pas qu'on ait vraiment euh changé dans dans OK. de ce côté-là. Moi je suis assez curieux de savoir comment c'était de bosser chez parce que c'est une application que j'ai beaucoup utilisée quand j'étais plus jeune. Avant il y avait Emul, après il y a eu et je me souviens euh on en parlait en préparation du podcast, c'est assez drôle. Je me rappelle de où on téléchargeait les les chansons pour les mettre sur sur sur l'iPod à l'époque. Tu les téléchargeais sur tu les mettais sur iTunes et tu téléchargeais la chanson d'Eminem à Slim Shady puis tu ouvrais Eminem à Slim Shady puis c'est pas du tout la chanson d'Eminem, c'était complètement autre chose. Enfin il y a ce côté un peu monde de pirate qu'on associe à puis après il y a eu et cetera. Est-ce comment c'était de la culture chez Est-ce que est-ce que c'était un peu comme ça ou C'est une culture de pirate. C'était ça. Tu peux raconter un peu comment c'était l'ambiance. Bah écoute, c'était déjà faisait partie d'un groupe euh qui avait plusieurs boîtes dans la finance, un quantitatif, une boîte de de de et donc euh euh ça faisait partie un peu d'une d'un groupe de boîtes qui se considérait un peu comme élite intellectuelle. C'est-à-dire il y avait beaucoup de la plupart des employés, c'était des gens qui avaient fini les meilleures écoles euh aux États-Unis. Euh et euh donc il y avait ce sentiment d'un peu élite intellectuelle euh à On combat avec le monde et euh euh tu vas pour la liberté, la liberté de tout quoi, la liberté d'expression, la liberté de d'utilisation de d'internet et cetera. Ce qui était intéressant avec c'est que la technologie elle-même était était absolument fascinante, c'était complètement décentralisé. Donc en tant que développeur et la boîte généralement, on n'était pas du tout en contrôle de ce qui se passait dans le réseau Ouais, ce qui est ce modèle peer-to-peer euh Pas du tout. Donc nous on avait juste on avait créé le software qui permet permettait à ces ordinateurs à travers le monde de se connecter, de chercher des fichiers et de les télécharger et cetera. Donc il y avait un côté euh et donc c'était un système qui était vraiment autonome. C'était tout le tout ce réseau peer-to-peer avec des millions d'ordinateurs connectés à travers le monde était complètement autonome et nous notre notre job, c'était de de programmer ces algorithmes autonomes qui permettaient aux gens de se connecter. Donc c'était ultra intéressant. Euh après la culture d'entreprise ouais, c'était une culture très libre, il y avait des soirées tout le temps euh Les gens arrivaient au boulot euh tu vas le lendemain de la première soirée de boîte, je suis arrivé au boulot comme bon Suisse, tu vas, je sais pas 9h du mat et puis le CEO est arrivé 3h après moi. Tu vois, il me regarde comme ça, il me dit qu'est-ce que tu fais là ? J'étais le seul, j'étais le seul dans le bureau. Tu vois, qu'est-ce que tu fais là ? Puis j'ai dit bah je suis venu bosser quoi. Je suis venu au bureau. Il me dit ah ça va dormir, il y a la salle il y avait une salle en haut où tu peux aller dormir. Va te reposer, c'est trop dur là. Mais bon après c'était c'était c'était quand même des gens qui travaillaient dur et qui étaient brillants et évidemment on a rien sans rien. C'était une boîte qui est aujourd'hui Mais il y avait ce côté un peu ces autres boîtes dans la finance sont ultra successful donc c'est des c'est des vraiment bonnes boîtes. Mais il y avait ce côté un peu parce que j'ai récemment entendu aussi l'histoire de Blizzard. Il y avait ce côté aussi un peu un peu geek, un peu vous restez beaucoup ensemble, c'est compétitif, souvent un monde assez masculin aussi quand même, beaucoup de soirées. Non OK. Non parce que nous on était une petite structure. On était une trop petite structure pour avoir quelque chose. On était on était huit ou neuf je crois dans la boîte. Donc OK. Ah c'est vrai, vous étiez aussi peu que ça. Bah parce que vu l'ampleur que ça a pris, je pensais qu'il y avait quand même plus de monde. Non non, c'était une toute petite boîte. Incroyable. Ça fait combien de temps du coup Tu es resté combien de temps chez eux ? Un an et demi. Un an et demi. Et à un moment donné, si on a bien fait nos recherches, il y a un soir une histoire d'une soirée de poker quelque part qui est un peu le début de de l'aventure d'après. Tu peux nous la raconter. Je connaissais Max donc le CEO de celui qui a amené qui nous a amené les autres cofondateurs. C'est lui qui a démarré vraiment le projet. Je le connaissais socialement, il était en colocation avec une de mes très bonnes amies de Genève. Euh et puis on avait parlé de nos jobs plusieurs fois. Il cherchait un cofondateur technique qui pouvait prendre en charge tout le côté ingénierie. Et à la place de de proposer quelque chose, il me dit tiens on fait une partie de à place de me parler du job, il me dit tiens on fait une partie de poker avec des copains. Viens chez moi, je sais plus quand samedi soir. Et on fait cette partie de poker complètement ridicule parce que c'était pas du tout dans la vie, il jouait pas du tout les règles du poker, il était l'argent au moment et cetera. Et d'ailleurs les autres qui jouent au poker sont devenus nos premiers investisseurs, c'était des copains à lui. Euh et puis à la fin de la partie, il me dit mets-toi devant l'ordinateur, donne-moi deux minutes. Et puis je me mets devant l'ordinateur, lui il va dans sa chambre à coucher et puis deux minutes plus tard, il était en direct devant moi dans le navigateur navigateur web et et et j'avais jamais vu ça quoi. J'avais jamais vu une technologie. De nouveau ça paraît évident aujourd'hui mais si you veux c'était la première fois que en quelques clics depuis ton navigateur, tu pouvais retransmettre en direct sur le navigateur de quelqu'un d'autre qui était quelque part d'autre dans le monde. Donc donc ça m'a fasciné et puis assez vite j'ai j'ai accepté enfin j'ai dit commençons à travailler ensemble. On a fait trois mois où je bossais la journée à le soir de plus ou moins 6h jusqu'à 3h 4h du mat on bossait ensemble. Donc on était en train de construire la première version du produit. Et puis après trois mois, j'ai vu que ça se passait bien parce que j'avais envie de tester un peu cette relation cofondateur. Je le connaissais pas hyper bien, les autres cofondateurs je les connaissais pas du tout et j'avais envie de tester est-ce qu'on arrive bien et eux avaient probablement envie de tester aussi est-ce qu'on arrive bien à travailler ensemble. C'est c'est quand même un énorme commitment, le commitment de fonder une société avec des associés. Donc on avait tous envie de se sentir confortable. Ce qu'on a fait, on a vécu trois mois ultra intenses, on était tout le temps tout le temps ensemble. Et puis au bout de trois mois, je suis parti de et puis j'ai commencé à plein temps. La première fois que tu as vu ce stream live, est-ce que tu as tout de suite eu un peu l'illumination de te dire ça va être un truc énorme ou est-ce que ça t'a pris un peu de temps quand même pour comprendre l'importance de la chose. Non, ça m'a pris du temps et je vais te dire je pense pourquoi c'est que j'étais pas dans la vidéo moi à la base. C'était pas mon métier, c'était pas mon industrie. Je me rendais pas super bien compte de la transformation que ça pouvait
présenter. Et d'ailleurs, j'entends souvent les gens dire pour monter une boîte, il faut être vraiment passionné par le sujet, par la mission, etc. Ou pour rejoindre une start-up, il faut être passionné par la mission. Et je suis probablement un exemple du contraire, c'est-à-dire que je me suis passionné petit à petit pour l'industrie, mais c'est pas quelque chose qui était naturellement en intérêt pour moi. Je t'aurais jamais dit avant de commencer à construire Livestream, la vidéo live, ça va être mon obsession pour les 10 prochaines années, quoi. Donc j'avais pas ce pressentiment. Par contre, pour revenir à l'histoire que je racontais avant, quand on a fait ce lancement de de l'iPhone et qu'on a vu ces gens venir par centaines de milliers regarder le stream, là, il y avait un signal fort. Parce que il y avait tous ces gens, tu vois, on le sentait, qui étaient chez eux, qui avaient envie de pouvoir partager l'événement, qui avaient envie de pouvoir être là. Et on avait créé cette technologie qui leur permettait d'être présents sans être présents physiquement. Et c'est ça un peu qui nous a qui nous a portés pendant les 10 années après. C'est cette idée de pouvoir amener les gens à des événements physiques auxquels ils n'auraient jamais pu assister sans la technologie qu'on a créée. Est-ce que c'était compliqué d'expliquer ce que vous faisiez ? Parce que aujourd'hui, ça paraît tellement, comme tu dis, ça paraît tellement logique. Aujourd'hui, tu es là-bas, oui, bah forcément, tu peux regarder un truc sur ton maintenant, c'est sur ton téléphone en live. Mais à ce moment-là, c'est tellement tu te dis mais en fait, même comment est-ce que ça va être utilisé et ça. Est-ce que c'était facile d'expliquer aux gens, non mais attends, c'est juste que tu peux filmer. Enfin, tu vois, même le concept aujourd'hui est tellement logique, mais à l'époque, il l'était pas du tout. Je pense que c'est compliqué pour nous aujourd'hui de réaliser que ça l'était pas, tellement que c'est logique aujourd'hui. Je vais te dire à quel point. Je pense que jusqu'à même au point où j'ai vendu Livestream, on a vendu Livestream à Vimeo, il y avait des gens dans ma famille qui comprenaient pas ce que je faisais. Donc c'était à un tel point pas évident. Tu vois, au début, tu racontes pas très bien l'histoire. Honnêtement, tu ne connais pas très bien l'histoire toi-même aussi. Oui, et puis tu sais pas exactement, tu vois, comment vraiment articuler le concept de manière claire. Il y a 1000 directions, tu vois. Tu as 1000 idées en tête. Au début, on en parlait comme n'importe qui pourra créer sa propre chaîne de télé. Tu vois à quel point on est distanciés de là où on est arrivés, de notre de notre manière d'expliquer la société après quelques années. Ce qui est fou, c'est qu'il y a pas si longtemps, c'est il y a grosso modo 20 ans. Et il faut je trouve que c'est même dur nous de se remettre dans le contexte de l'époque où alors les réseaux sociaux existent déjà. Enfin, il y a Facebook, mais bon, on n'a pas 2007, c'est l'iPhone. Donc il y avait pas d'iPhone, il y avait pas ce côté où tu as des écrans partout, même les ordinateurs, il y avait pas la vidéo encore sur les réseaux sociaux. Donc tout ça, ça paraît tellement loin à ce moment-là de l'époque et même nous qui avons vécu ça, j'ai du mal à me remettre là-dedans alors qu'aujourd'hui, on est dans la créateur économie, tout le monde a sa chaîne YouTube, c'est facile de faire ces trucs, les Livestreams, il y en a partout. Tu peux regarder des concerts, des matchs de foot sur ton téléphone quand tu es en tente à la montagne. Enfin, c'est normal, quoi. Et en si peu de temps finalement à l'échelle de l'humanité, c'est quand même extraordinaire. Il y avait une caméra non spéciale. Il y avait un hardware. Moi, je me rappelle du premier event qu'on avait organisé avec Seedstars. On avait voulu le passer en direct et on avait utilisé Livestream et on avait reçu la caméra qu'on avait prêtée à mon frère. Je sais plus toute l'histoire, mais c'était un peu comme ça. Je sais pas si vous connaissiez déjà, mais bref. Et c'était entre guillemets, c'était pas maintenant, enfin tu vois, maintenant tu mets une caméra, tu appuies sur un bouton. Et tu as même pas besoin, tu vois ce que je veux dire. Et là, il y avait un hardware, il y avait une caméra, c'était même c'était même compliqué dans le sens, tu vois ce que je veux dire, c'était un process, quoi. Maintenant, on peut plus imaginer ça. C'est compliqué parce qu'il y avait moins de bande passante aussi, c'était plus compliqué d'un point de vue de connectivité, de pouvoir la vidéo, c'est lourd, c'est gros, tu vois, c'était compliqué, il y avait pas le 5G. Donc tu pouvais pas retransmettre de manière aussi facile la vidéo en direct. Mais très honnêtement, il y a un truc assez génial d'être pionnier ou un des pionniers dans un domaine comme ça parce que chaque avancée, chaque je sais pas, tu vois, on a eu la campagne présidentielle de Barack Obama. Tu vois, tu peux imaginer pour nous de voir Barack Obama en direct sur Livestream, c'était extraordinaire. De là où on était en train d'essayer d'expliquer aux gens difficilement, non mais faites de la vidéo en direct, c'est génial, ça va vraiment être utile à votre business ou à votre campagne ou quoi que ce soit. Et là, tu as Barack Obama. Ou on a fait l'atterrissage de Rosetta sur la comète de l'Agence spatiale européenne. Premier atterrissage de l'humanité, tu vois, d'un satellite sur une comète. Et ça a été retransmis en direct sur Livestream. On était les seules images à sortir de là-bas. C'est génial. Donc tu en retires une satisfaction qui est extraordinaire. Bah ouais, c'est incroyable, c'est des moments historiques. Est-ce qu'il y a un moment où, enfin à quel moment toi tu réalises que c'est plus qu'un bel outil technique que c'est concrètement un changement sociétal presque qui est en train de se produire à travers votre technologie. Si ça devient un truc et maintenant c'est comme on dit, maintenant c'est facile de le voir parce que voilà, maintenant c'est FaceTime, tu appelles quelqu'un en FaceTime. Ça a changé, tu vois ce que je veux dire, ça a changé la manière dont on Est-ce que vous, vous avez réalisé ça ? Parce que tu parlais de conviction avant et tu voyais ça ou c'est même vous, vous étiez, mais en fait on pouvait même pas se rendre compte de la violence du truc. On se rendait compte de l'évolution mais je pense que c'est difficile d'avoir la certitude parce que tu es tout le temps en train de chercher le meilleur produit, la meilleure approche marché. Et nous, on n'a pas vraiment, je vais dire, on n'a pas eu vraiment sur les 10 ans, tu regardes notre croissance, on a eu des périodes de croissance exponentielle, on a eu des périodes de croissance plus linéaire. On n'a pas eu l'histoire, si tu veux, de Instagram. On n'a pas eu ça parce que comme on l'a dit tout à l'heure, la vidéo, l'adoption s'est fait vraiment de manière progressive. Les devices ont évolué, tu vois, maintenant tu peux regarder la vidéo sur ton téléphone. C'était pas le cas en 2007. Tu pouvais le faire que sur ton ordinateur. Donc tu limites déjà, si tu veux, l'utilisation du produit. Il y a vraiment eu une adoption progressive du média et donc je dirais, il y a pas eu un moment où je me suis dit, tiens, ça c'est fait, c'est bon. D'ailleurs, tu parles du fait que ça a pas toujours été linéaire, ça a pas toujours été facile. On a entendu qu'en 2010, il y a un moment donné où vous étiez presque à court de cash. Et justement, on voulait avoir un peu ton impression là-dessus. Comment tu t'es senti à ce moment-là ? Il vous restait plus beaucoup d'argent sur votre compte en banque. Tu dis à un moment donné où ça pourrait potentiellement plus bien fonctionner. Comment je vais payer les salaires, etc. Comment est-ce que toi tu as vécu ces moments qui parfois étaient un peu difficiles ? Tu les vis difficilement, c'est compliqué. Tu dois persévérer, tu dois te remettre en question, tu dois essayer de trouver des solutions. Tu vas vraiment être concentré sur le comment avancer, quoi. Tu peux pas rester sur place et juste te morfondre sur ce qui est en train de se passer. Je pense qu'il y a une difficulté que je retrouve dans chacune de mes expériences et je pense que la plus grande difficulté dans l'entrepreneuriat, en tout cas que j'ai vécue moi, c'est de trouver la ligne et le bon côté de la ligne entre l'obstination, l'entêtement et la persévérance. Tu peux jamais arriver à créer une boîte de tech, en tout cas dans les industries où j'ai été moi, sans être ultra persévérant. Mais tu dois pouvoir te remettre en question tout le temps de attends, mais est-ce que est-ce que juste j'insiste pour insister, est-ce que je suis têtu, est-ce que je m'obstine ou est-ce que c'est la bonne direction. Et c'est difficile parce que la réponse, elle est pas claire. Personne peut te la donner. D'ailleurs, je pense que toute personne rationnelle et intelligente peut te faire l'argument des deux côtés. C'est pas clair. Tu as monté un projet qui à la base, c'était un truc que les gens pensaient pas possible ou pas juste ou pas commercial. Tu as décidé d'aller t'enfoncer dans une idée qui était pas évidente. Et donc tu dois pouvoir te remettre en question constamment mais en même temps, tu dois pouvoir aussi mettre des œillères et
tu vois, c'est là où c'est le plus critique parce que tu dis mais je suis de quel côté de la ligne. Est-ce que tu vois, des fois je me demande, Livestream c'est une expérience qui a duré 10 ans. On a eu énormément de difficultés. Euh est-ce que ça aurait été euh on a eu énormément de difficultés, on a eu finalement un un on a eu la chance d'avoir un succès euh à la fin. À la fin. On a vendu la boîte à la fin donc euh évidemment un succès. Je me demande est-ce que ça aurait été la mauvaise décision d'arrêter avant. Si tu prenais de manière complètement objective à certains moments dans notre histoire, tu pourrais faire l'argument que c'était une connerie de continuer. Et pourtant, ça a marché. Donc euh ouais, ça c'est je dirais la plus grosse difficulté. C'est hyper intéressant mais juste pour faire un petit point là-dessus, pourquoi est-ce que tu te dis aujourd'hui qu'il y a des moments où ça aurait peut-être été pas forcément mieux d'arrêter parce que vous avez persévéré et ça mais tu dis est-ce que c'était une connerie de continuer. Pourquoi pourquoi tu dis ça? Parce que avec les éléments que tu as, tu as plein d'inconnus dans l'aventure entrepreneuriale, plein d'inconnus. Tu as souvent plus d'inconnus que de connus. Avec les éléments qu'on avait à l'époque, est-ce que c'était la décision rationnelle, purement rationnelle de continuer. Et et et quand tu regarde ces décisions et bien il y a une grande partie de ces décisions qui sont basées sur les inconnus et comment tu les évalues, les hypothèses que tu as sur le futur. Donc tout ce que je dis c'est que c'est pas évident. C'est pas évident. Tu peux faire l'argument dans les deux sens quoi. Ouais. Ouais, sur le papier je pense ça même comme tu dis ça a du sens même dire là on aurait dû arrêter. Sur le papier c'était juste d'arrêter parce que X Y Z tu tires la ligne, tu dis bah là on devrait arrêter pour toutes ces raisons-là et en soit en soit tu as pas tort. C'est juste sur le papier. Sauf si tu considères Après tu ne sais plus Après tu ne sais plus mais voilà. tous les inconnus, tu vois, les choses qui peuvent arriver, les les les hypothèses que tu as euh qui sont absolument, tu vois, absolument risquées. Et c'est là où ta conviction alors entre en jeu. C'est est-ce que tu crois dans le projet ou pas. Exactement. Exactement. Exactement. Mais on peut te faire aussi bien l'argument à ce moment-là arrête de t'entêter. Ouais, bien sûr. Comme on l'a fait d'ailleurs plein de fois hein dans et dans dans chacune de mes de mes de mes expériences. À chaque moment il y a enfin chacune des aventures, il y a des gens qui sont venus et qui m'ont dit arrête quoi. Tellement là. Pourquoi tu t'entêtes contre le Non mais que ouais, c'est ça. Tu aimes te faire mal. C'est quoi ton problème. Mais au final voilà, tu persévères. J'ai eu la chance pour moi ça a joué extrêmement positivement. Ouais. Du coup vous vous vous sortez la tête de l'eau, vous à un moment donné vous vous échangez les salaires contre de l'equity avec certaines personnes. Déjà et puis il y a c'est je crois tout le monde accepte si si l'histoire est juste, tu pourras peut-être la raconter mais vous arrivez, ça vous aide à avancer un peu plus, à sauver un peu de cash et puis à continuer. Ouais, donc 2010 je crois que c'était en 2010, on était en train de faire une levée de fonds. Euh on s'était mis d'accord sur les termes. En principe c'était une levée de fonds qui devait closer euh euh d'une manière assez certaine et euh et ça ne s'est certainement pas fait. Et euh et donc on s'est retrouvé, on venait de prendre des nouveaux bureaux en plus euh dans le dans le dans le building de qui est maintenant le building de Google dans le Meatpacking à New York avec la vue sur la Statue de la Liberté et cetera. Et puis on s'est retrouvé avec une situation où on avait potentiellement plus de cash dans trois quatre mois. Je sais plus exactement la runway qu'on avait. Et on s'est retrouvé avec les cofondateurs et on a dit qu'est-ce qu'on fait. Et euh et on a exploré pas mal de solutions. Une des solutions c'était tous déménager en Inde, fermer les bureaux aux États-Unis. Euh une autre solution c'était de rapetisser évidemment notre structure de coût euh à New York. Puis au final on est allé vers on avait la on avait quand même la conviction, pour revenir à la conviction, qu'on allait pouvoir que c'était juste une question de timing donc qu'on allait pouvoir trouver de nouveaux investisseurs. On est retourné vers l'équipe, on a expliqué le problème. On leur a dit euh euh on leur a demandé de de prendre une réduction de salaire et on allait payer cette réduction de salaire avec de l'equity selon la période, tu vois, une réduction pendant trois mois, on allait payer l'équivalent en equity. Et effectivement sur je crois qu'on avait 50 employés à l'époque, 49 ont dit oui. Nous les fondateurs on a réduit notre salaire de 50 %, les gens ont tous pris 30 % de réduction de salaire. Ça nous a permis d'avoir six sept mois huit mois de visibilité ce qui nous a permis d'aller lever de l'argent et continuer l'aventure. Et tous les employés derrière ils étaient plutôt contents, j'imagine. Hyper contents. Il y avait un truc vraiment et je vais te dire en fait on est ressorti de cette aventure avec une société beaucoup plus forte, beaucoup plus unie avec des gens qui avaient, tu vois, qui étaient vraiment prêts à se battre pour la mission. Donc au final ça a eu un impact assez positif sur la boîte. Tu vois comment tu te retrouves un jour tu sais pas si tu vas survivre, tu te retrouves le jour d'après avec une boîte plus forte que tu avais jamais eu quoi. Et en 2017 du coup 2017 c'est juste oui Livestream est racheté par Vimeo. Ouais. Ça va vite hein de tout allait mal à tout allait bien. J'imagine alors c'est c'est un process qui est long mais tu te rappelles de ce que tu as ressenti au moment où c'était fait. Vous avez vendu la boîte. Ouais, tu touches à un point très sensible. C'était la période la plus difficile pour moi dans ma carrière. OK. La vente de la société parce que j'étais très esseulé pour plein de raisons. Euh il y a eu un processus de due diligence qui était très intense. C'était trois mois où personne dans la société, très peu de gens dans la société savaient qu'on allait vendre. On était, tu vois, c'était on est trois ou quatre à à travailler sur le processus de vente parce qu'il y avait une dynamique compétitive. Donc Vimeo nous avait annoncé qu'ils allaient lancer Vimeo Live. Au moment où ils nous ont approché, ils ont dit on aimerait bien vous acheter. Mais on savait que si on faisait pas la transaction, on était compétiteur. Donc tu te retrouves dans une situation où tu as pas envie de leur présenter toutes tes équipes parce que tu as pas envie qu'ils prennent du talent. Tu as pas envie de donner trop de détails. Tu dois donner assez de détails pour faire quand même une transaction. On avait en plus une période entre entre la signature et le closing de un mois où on a dû avoir au-dessus d'un certain montant dans les ventes dans des produits compétitifs, tu dois avoir un approval de la des autorités aux États-Unis. Donc on avait une période d'un mois où on attendait la permission des autorités pour finaliser. Et donc tout ça ça a créé si tu veux le mix parfait pour pour pour me faire péter un câble quoi. C'était vraiment c'était vraiment dur. C'était dur. C'est dur. Je me souviens de le vendredi avant que la transaction soit finalisée, ça fait trois mois on négocie tout, tu vois, tout est négocié, renégocié, il y a des problèmes de taxe, des trucs. Tu vois, nous on n'était pas très sophistiqués. On était une société qui faisait 40 millions de revenus et 180 on avait 180 employés. On se faisait acheter par Vimeo mais Vimeo qui était en réalité qui appartenait à ACI, la boîte de Barry Diller, côté en bourse, qui était vraiment une machine à faire des acquisitions. Ils avaient énormément de compétences là-dedans. Et donc on était mis sous pression, tu vois, énormément mis sous pression. Et puis donc ce vendredi avant que la transaction soit signée le lundi, je reçois un appel à 5h30 de quelqu'un dans mon équipe de finance qui me dit notre assurance cyber, donc qui protège en cas de hacking, elle a expiré elle a expiré hier, hier ou ce matin. Et puis c'est 5h vendredi soir quoi. Comment tu l'assurance cyber c'est une assurance si tu veux en tant que CEO, j'avais la fiduciary duty d'avoir cette assurance. Si on se faisait hacker le week-end, c'était ma faute légalement. Évidemment ça foutait tout en l'air mais c'était c'était c'était et on s'était fait hacker trois ans avant. Donc on avait eu un épisode déjà dans notre histoire, c'était pas un truc impossible quoi. On avait eu un épisode où on s'était fait hacker. Et c'est vendredi 5h et je me souviens de sentir tout bouillir en moi et d'arriver pour la première fois de ma vie en paralysie quoi. J'étais paralysé, j'avais pas quoi faire. Je pouvais rien faire. Finalement je me suis calmé et puis on a trouvé un moyen de resigner un contrat le soir même. Quelqu'un nous a fait une faveur, on a réussi à signer un contrat
plus ou moins. Non, et c'était une période pendant un mois où je dormais 3 4 heures par nuit et c'était ouais, c'était compliqué. Mais euh et donc voilà, très longue réponse à ta question mais quand on est arrivé finalement à la signature, j'étais tellement fatigué du procédé. Soulagé. Ouais, dans une certaine mesure soulagé mais ouais, j'avais besoin de j'avais besoin d'un break quoi. Parce qu'il y a souvent cette histoire qui ressort maintenant depuis quelques mois. Chaque fois je dis mois mais ça va faire un petit moment. Le fondateur de Loom, tu sais, qui a vendu. Il a écrit un truc en disant que maintenant il a jamais été aussi déprimé de sa vie parce qu'il savait plus quoi faire et cetera. Ouais. Ouais. Ouais. J'ai lu cette histoire. Est-ce que est-ce que d'après ce que tu racontes, il y a le soulagement mais est-ce que une fois que le soulagement est passé tu as aussi cette un peu ce ce poste, je sais pas, poste exit depression, je sais pas comment on peut l'appeler. Non, je je comprends le sentiment. J'ai eu un petit peu de ça. C'est vrai que tout d'un coup tu es tu es perdu. Si tu veux tu as un rôle, tu travailles dans une boîte qui a acheté ta boîte, tu as un rôle qui est tu vois, défini si tu veux de manière euh pas très naturelle. Tu sais pas vraiment toi comment te comporter dans ce rôle. Tu es un fondateur qui arrive dans une dans un environnement un peu plus corporate. Euh et et euh et oui donc tes points de référence changent. Tu es plus en contrôle, c'est plus toi qui prends les décisions, c'est plus non plus ta responsabilité. Le payroll à la fin du mois, c'est pas toi, tu vois, c'est pas toi qui doit t'en occuper. Donc tu es un peu déboussolé. Je je suis passé par ça mais je veux dire moi je vais j'avais la la chance d'être d'arriver à Vimeo avec des collègues qui étaient juste incroyables. Vraiment incroyables. J'ai eu des des des collègues, c'est ça qui m'a fait rester au final à Vimeo. L'équipe exécutive était absolument géniale. Le reste de Vimeo était super super accueillante. Tu vois, nous on avait un vrai rôle à jouer aussi donc ça a compté. Ils nous ont donné de de l'importance quand on est arrivé là-bas. Donc non, moi j'étais j'étais c'est pour ça que je suis resté si longtemps. J'ai fini par rester finalement 5 ans, tu vois. Ouais, parce qu'à la base tu devais rester quoi entre 12 et 18 mois, un truc comme ça. Tu es tu es tu as finalement resté 5 ans, c'est quand même c'est Que ça se passait bien. Que ça se passait bien. Et puis grosse croissance quand même de de Vimeo pendant ces 5 années. Tu passes de 100 millions à à 400 millions. Euh quand tu regardes cette croissance, tu es tu es fier de ça? Ouais. Ouais ouais. C'était incroyable la vie. Pendant le Covid, on a eu je crois que le deuxième mois du Covid en 3 semaines on a vendu plus d'abonnements. Donc c'était une plateforme SaaS, Vimeo. On a on avait vendu plus d'abonnements sur la version live en 3 semaines qu'on vendait en une année avant. Donc le Covid c'est pas si mal pour vous en fait. Pour nous, ça a été l'explosion totale. Bien sûr, les gens étaient à la maison, ils voulaient consommer de la vidéo, ils voulaient créer de la vidéo. Donc on a eu une explosion de croissance pendant pendant le Covid. Et et évidemment tu vois, tu as des leviers qui sont assez incroyables. On a pu faire des acquisitions, on a pu euh on a pu euh développer plein de nouvelles stratégies produits. Donc c'était c'était une période ultra excitante. Euh et puis pour moi personnellement une période de de où j'ai grandi professionnellement énormément. Plus probablement que dans les années qui précédaient l'acquisition. Parce que parce que ACI était un environnement assez génial. Barry Diller, Joey, tout le management d'ACI était était était assez génial et ce sont des gens brillants. Parce que l'équipe à Vimeo était top. J'ai énormément grandi quoi. Et en 2021 du coup Vimeo rentre au Nasdaq. Tu es président de Vimeo à ce moment-là. C'est aussi une expérience assez tu construis une boîte c'est une chose, introduire une autre au Nasdaq, c'est encore une autre expérience. Mais c'est un truc de fou quand tu réfléchis, c'est pas non plus c'est pas anodin quoi. Le process c'est quoi? J'ai aucune idée de comment ça se passe. Tu vois, c'est quoi le enfin sans rentrer dans les détails mais c'est presque comme construire une boîte, tu vois. C'est une aventure totalement nouvelle, totalement euh Non, je veux dire moi c'était pas un milestone, c'est pas un but de vie pour moi de de lister en bourse. Si tu me demandes tu vois dans toute cette aventure de 17 ans c'est c'est vraiment de loin pas le le le le highlight. Vraiment pas. Tu vois, les années avant la sortie en bourse pour moi étaient beaucoup plus exceptionnelles. On grandissait à une vitesse folle. On était en train de créer, tu vois, on créait plein de nouvelles lignes de business. Donc on avait d'un point de vue de l'opération de la boîte, c'était beaucoup plus intéressant que la sortie en bourse elle-même. La sortie en bourse, c'était beaucoup d'administratif. Euh je crois qu'avant avant de commencer à travailler sur le processus, on avait une équipe de finance de 6 7 personnes. Et puis quand on est sorti en bourse, on avait 30 personnes dans l'équipe de finance. Tu vois, c'est c'est beaucoup de fonctions de compliance euh et puis beaucoup d'administratif. Non mais tu vois quand tu vois, je sais pas est-ce que tu tu te remémores, tu te dis il y a pas si longtemps, même si d'accord c'est il y a longtemps mais pas si longtemps, j'étais dans cet appartement pendant une soirée de poker où on montrait une vidéo dans la chambre là et là on est au Nasdaq en train de sonner la cloche. Tu vois ce que je veux dire, c'est quand même Pour être clair, je suis je suis vraiment fier de l'aventure. J'essaie pas de de de minimiser. Je suis fier et ultra heureux. Juste pour moi la finalité de ça, c'était pas vraiment la sortie en bourse. J'ai j'ai commencé à parler de mon départ 2 mois après qu'on soit sorti en bourse. Pour moi, on était arrivé de toute façon, tu vois, il y avait il y avait une transition naturelle où j'allais repartir à un moment ou un autre dans une aventure entrepreneuriale. Mais pour moi la sortie en bourse, tu vois, mon rôle aussi avait changé. C'était devenu un rôle plus de communication, de coordination, il y avait plus de décisions en groupe. Donc si tu veux ouais, c'était pas un but en soi et c'est pas quelque chose qui m'a énormément rempli quoi. OK. Tu on a parlé un peu de cette évolution d'Internet. Enfin tu es passé de la Moeller à la Stream à Vimeo d'une époque où tu même pas quand tu parlais des ordinateurs. L'évolution elle est quand même assez incroyable sur sur ces 20 dernières années, 25 dernières années. Qu'est-ce que tu retiens de ça sur cette évolution là technologique? Est-ce que tu penses que le monde dans lequel on vit aujourd'hui est meilleur grâce à grâce à cette accessibilité qu'on a avec la vidéo ou est-ce que tu penses que au final c'était peut-être mieux avant et que ça a pas finalement amélioré tant que ça la vie des gens? Je sais pas quel est ton avis là-dessus. Par rapport à la vidéo? Par rapport à la vidéo et peut-être l'évolution d'Internet de manière générale ou de la connectivité entre les gens quoi. Oui, ça c'est c'est une énorme question, un énorme débat. La vidéo elle-même je pense c'est ultra positive parce que l'authenticité, la richesse d'un message vidéo est incomparable à quelque chose que tu pourrais écrire en texte ou en image. Internet, la digitalisation, ça vient avec tous ses avantages et tous ses problèmes. Moi je suis un optimiste de nature donc je crois dur comme fer que c'est au final c'est positif pour l'humanité. Mais mais clairement il y a des effets négatifs. Je veux dire les réseaux sociaux, tu vois l'impact que ça a sur les jeunes. Peut-être le manque de aujourd'hui de connexion humaine entre les gens. Évidemment, on connaît tous ces problèmes. Mais dans la totalité, c'est positif. Je pense aujourd'hui tu m'as pas posé la question mais aujourd'hui on a une autre question à se poser qui est qu'est-ce qui va se passer avec l'IA? Et là tu rentres dans une dimension qui est complètement différente. Tu vas, je pense que la révolution qu'on va vivre avec l'IA est incomparable, changeante pour la société comparée à ce qu'on a vécu les 20 dernières années. Tu parles justement peut-être du message si on prend un exemple pour l'IA. Moi j'ai pas la réponse de nouveau mais c'est des trucs auxquels je réfléchis beaucoup. Tu parlais du message vidéo, tu vois ce que tu peux faire, ce que tu peux passer à travers un message vidéo, l'importance de la vidéo et cetera. Aujourd'hui, on arrive gentiment à ne plus faire la différence entre une vidéo faite par l'IA et une vidéo réelle, on va dire. Tu vois la chose évoluer dans quelle direction par rapport à ça? Par rapport à est-ce qu'on va créer en fait tellement de trucs qu'il y aura une abondance de contenu. Moi je me suis fait la réflexion, on en parlait l'autre jour en disant mais en fait Internet va être tellement rempli de choses créées par l'IA qu'il y aura plus aucun intérêt pour un humain d'aller voir ce qu'il y a dessus. Ça devient plus une base de données dans lequel l'IA peut aller chercher les choses pour te répondre directement. Est-ce qu'il y aura vraiment un intérêt d'aller regarder de la vidéo online ou consommer du texte online ou tu vois d'aller sur ce médium là qui est l'Internet.
ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui est fait par qui, comment, pourquoi. Tu vois le parallèle et en fait tu te dis mais en fait est-ce que on va continuer à aller online en fait. Ce sera peut-être je fais simple, mettons ChatGPT qui ira online pour toi parce que ça devient une database de trucs à aller voir. Puis il va te sortir le seul truc dont toi tu as besoin. Toi tu vois comment cette évolution par rapport à ça. Ouais, c'est je pense qu'on va se rapprocher pour sûr des expériences plus physiques. Euh il va y avoir un changement de direction dans dans dans le sens des expériences en personne, tu vois, d'avoir tu vois, on a on a il y a un truc assez bizarre qui est en train de se passer aujourd'hui, c'est que l'être humain a l'habitude de de de tu vois, de lire l'information avec un filtre. Tu dis quand tu lis de l'information, tu te dis est-ce que c'est vrai, est-ce que c'est faux, je vais quand même aller vérifier. Mais on n'a pas l'habitude de mettre un filtre sur les trucs qu'on voit. Quand on voit quelque chose, on se dit en général, ah bah tiens ça ça s'est passé. Tu vois une vidéo, c'était en général quand on te montrait une vidéo, tu te disais ah bah tiens ça c'est maintenant c'est la preuve que ça s'est passé. Il y avait pas d'autres sources, ouais, ça pouvait pas être falsifiable entre guillemets quoi. Non. Tu disais montre-moi et je vais te croire quoi. Montre-moi. Ouais. Mais ça c'est en train de disparaître. Il y a plus de voir et j'y crois. On peut plus croire grand-chose en fait. Tu peux croire à ce que tu vois en personne. Tu vois. Pour l'instant. Jusqu'à ce que voilà, ouais, exactement. Donc donc euh Donc clairement, il va y avoir un retour à des interactions plus en personne plus physiques et clairement je pense que ça va on va changer notre mode de consommation. Je pourrais pas te dire comment, tu vois, c'est pas très clair pour moi. Si tu réfléchis à un futur où il y a vraiment la super intelligence. La super intelligence comme elle est décrite tu vois par la plupart des gens aujourd'hui, c'est que l'ordinateur peut accomplir toutes les tâches toutes les tâches mieux que n'importe quel être humain. Le consensus chez les gens qui créent les modèles, c'est que ça ça va se passer. Aujourd'hui, on sait pas si ça va se passer en 2027, on sait pas si ça va se passer en 2035 ou 2040. Il y a un consensus. C'est pas c'est pas garanti mais il y a généralement un consensus que ça va se passer. Dans un monde où l'ordinateur fait tout mieux que l'être humain, c'est pas très clair pour moi ce que l'être humain va faire. L'être humain va faire des choses, 100 % sûr, tu vois, on va s'adapter. On est on est l'espèce qui s'adapte le mieux et qui s'adapte tu vois, extraordinairement bien. Mais c'est pas très clair. Donc je suis pas clair de quelle information on va vouloir consommer, comment on va vouloir la consommer tu vois, quelles tâches on va se se se dévouer, tout est un peu en question pour l'instant. Quand on a parlé au téléphone, tu m'as dit un truc et j'y ai réfléchi quelques jours après. On parlait au téléphone et Marc me dit tu te baladais dans une ville et tu voyais une vieille usine ou quelque chose et tu dis ça c'est les vestiges d'un temps passé. Quels seront les vestiges du futur, tu vois. À quoi ça va en fait. L'IA va amener des choses qui vont enfin l'IA va faire changer les choses, il y aura des choses qui seront obsolètes. Qu'est-ce que ça va être quoi ces choses-là. Et c'est assez dur de se poser la question et tu te dis mais en fait peut-être que ouais, je sais pas, aller sur Google, aller sur Internet, aller faire Attends mais là tu vas sur Internet, c'est quoi, pourquoi toi tu vas dessus, il y a quelqu'un d'autre qui peut le faire pour toi. Je sais pas, c'est assez ouf de se dire en fait c'est quoi les vestiges de demain que l'IA va créer d'une certaine manière parce que c'est sûr qu'il va y en avoir. Et j'ai pas la réponse mais c'était vachement intéressant comme réflexion où tu dis mais c'est vrai que ça va changer tellement de choses. Et aujourd'hui il reste un Dans dans mon métier aujourd'hui, ça a déjà tout changé. Tout. La manière de monter une boîte aujourd'hui de tech complètement différente de ce que tu faisais il y a 10 ans. Et ça ça va s'appliquer et pourquoi est-ce que ça commence par la tech? Parce que les créateurs de modèles, donc les entropiques, OpenAI et cetera, ont créé des modèles pour automatiser d'abord les tâches que eux ont dans leur société, donc la programmation, le design produit et cetera. Une fois que ça ça va se généraliser à d'autres métiers, moi je suis même pas certain, tu vois, j'avais toujours la conviction que le métier d'ingénieur en informatique, c'était une assurance vie incroyable pour moi. C'est pour ça que c'est partiellement ça qui m'a donné la force de prendre le risque d'entreprendre. Je me suis toujours dit au pire, j'irai bosser en tant que développeur chez quelqu'un. Je pourrais pas dire ça aujourd'hui. Non, c'est clair. Tu imagines le changement, c'est-à-dire ça c'est il y a un an, je t'aurais dit la même chose. Aujourd'hui c'est pas clair. Mais quel est le message du coup pour les jeunes entrepreneurs? Parce qu'il y en a qui nous écoutent et d'ailleurs tu as dit un truc que je trouve intéressant justement sur le fait que faut pas oublier la manière de capturer le marché et pas que se focaliser sur le produit qu'on a tendance des fois à construire ou à développer des produits qui ont pas forcément d'application réelle sur le marché, donc il faut mettre ça en relation. Mais est-ce que dans le monde où on est actuellement et dans le monde que tu visualises sur les cinq prochaines années, est-ce que est-ce qu'il y a encore des opportunités de capturer du marché? Est-ce qu'il y a encore des opportunités de créer des produits qui seront pas créés par l'intelligence artificielle ou par l'IA? Le message pour les entrepreneurs et les entrepreneuses qui commencent maintenant, c'est que ça a jamais on a jamais eu un meilleur moment pour démarrer une boîte. Parce que aujourd'hui tu peux exprimer ta créativité avec une barrière d'entrée beaucoup plus faible que ce qu'il y a jamais eu dans la tech. Jamais jamais, ça n'a jamais existé de pouvoir te mettre devant ton ordinateur, d'écrire une idée et quelques heures plus tard, tu as le produit qui est là. Donc évidemment si tu veux le futur, il y a plein de questions. Plein de questions qui sont un petit peu anxiogènes certaines. Mais ça n'empêche pas que les côtés positifs de l'IA, ce que l'IA va pouvoir amener à la société sont aussi extraordinaires. Tu vois, aujourd'hui, tu as plus besoin d'être ingénieur en informatique pour développer un produit tech. Donc imagine comme tu as grandi le nombre d'entrepreneurs potentiels qui peuvent créer des bons produits. On était un groupe minuscule à pouvoir faire ça. Aujourd'hui, n'importe qui qui est en train de finir ses études ou autre, qui a une idée, peut aller tester son idée. Génial. Génial. Sans aller lever un million, sans aller tu vois, sans aller Et pour après pour revenir à la question du go to market Oui, je pense que ça doit toujours être un principe de base de Si tu as une idée et que tu décides de te lancer de créer un produit, tu dois réfléchir à comment est-ce que tu vas trouver tes premiers clients, tes premiers 10, 100, 1000 10000 clients. Et si tu as pas une réponse claire à ça, ça sert à rien de te lancer dans le produit parce que tu vas finir le produit et tu vas attendre de trouver tes clients. Oui. Et est-ce que tu penses qu'il y a Toi, tu es parti aux États-Unis parce que tu voyais le potentiel aussi qu'il y avait là-bas. Est-ce qu'aujourd'hui tu penses que quelqu'un qui veut entreprendre il a aussi un intérêt à aller plutôt là-bas ou est-ce que tu penses que la Suisse ou l'Europe est devenue un bassin aussi plus exploitable qu'il l'était peut-être avant. Quel est ton avis là-dessus? Est-ce que tu conseillerais à quelqu'un qui sort aujourd'hui de l'EPFL qui veut monter une boîte, non mais va à New York, va à San Francisco ou autre. Ou est-ce que justement grâce à la technologie ou pas, c'est devenu aussi peut-être plus facile de le faire un peu de n'importe où. Ouais, option 2. Option 2. Je pense que je l'aurais plus facilement conseillé il y a 10 ans, j'aurais pour sûr conseillé il y a 20 ans. J'aurais plus facilement conseillé il y a 10 ans et aujourd'hui ça a de la valeur. Si tu veux principalement pour moi pour quelqu'un qui démarre la valeur, c'est l'écosystème que tu peux trouver à New York ou à San Francisco qui peut être extrêmement productif. Mais si tu veux sur toutes les dimensions nécessaires pour monter une boîte, ça ça en est que une partie quoi. Il y en a plein d'autres et en Suisse on est bien équipé sur ces
Fais-le. Fais-le. Fais-le. Fonce. Allez. On arrive gentiment à la fin. Marc, dernière question mais pas des moindres. Qu'est-ce qu'il faut selon toi pour avoir une belle vie ? Il faut trouver ce qui te rend heureux. Et ça, c'est pas facile. Tu as trouvé ? Et ça, c'est très personnel. Ça change. Chaque personne a sa propre recette. Euh ce que j'ai trouvé ? À 100 %, ouais. Ouais, j'ai trouvé. J'ai toujours été quelqu'un de très heureux. Même quand tu bouillonnais. Même même euh même quand je bouillonnais. Comme je t'ai dit, j'ai j'ai le privilège d'avoir été euh passionné, vraiment passionné par un métier très jeune, d'avoir pu me lancer dans ce métier, d'avoir pu m'épanouir dans ce métier et euh et de l'avoir fait avec une une famille extraordinaire. Donc euh tu vois, la combinaison des deux, je pense qu'il faut les deux. Tu vois, il y a une dimension personnelle qui est ultra importante euh mais je pense que tu dois pouvoir te développer en tant qu'individu aussi pour être pour être heureux. Merci beaucoup, Marc. Merci, Marc. C'était un plaisir. Vraiment, tu as une histoire fascinante. Euh je pense que ça va intéresser beaucoup de monde. Il y a beaucoup de leçons intéressantes à tirer de ça. Donc euh merci beaucoup d'être venu partager ça aujourd'hui. C'était hyper cool. Merci à vous. Merci à vous. Merci beaucoup. Cet épisode de La Ravane a été créé en partenariat avec Omega Studio. Grâce à eux, nous sommes dans ce studio incroyable en plein cœur de Genève. C'est bien plus qu'un simple studio. Ils offrent une expérience unique et adaptée à chaque projet, que ce soit pour votre communication interne et externe, des showcases, des tables rondes ou des webinars, tout est possible. Que vous souhaitiez réaliser un événement en direct ou enregistré, créer du contenu ou renforcer votre stratégie de communication, Omega Studio a tout ce qu'il vous faut. C'est le studio le plus complet et le plus accessible de la région avec une vraie équipe de pros qui vous accompagne à chaque étape de votre projet avec un véritable accompagnement scénique, vocal et narratif pour faire de votre passage à la caméra une expérience réussie et inoubliable. Si vous voulez en savoir plus sur Omega Studio, on vous met le lien vers leur site internet et leur service en description. Encore merci à eux pour leur soutien.